Mais les images officielles disent que tout va bien et les dirigeants de nos états et leurs épouses vous le prouvent coridalement.
Sarkozy et Carla Bruni au Tchad
envoyé par Ptite_Mule
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Incroyable ce que j’entends : les citoyens sont officiellement invités à la délation des leurs pour la somme de 300.000 FCFA … à la radio, en démocratie SVP, et alors même que chacun est en état d’urgence ce qui justifie en soi déjà d’oublier ses valeurs pour sauver ses enfants.
Mais les Tchadiens sont plus solides que cela moralement je le crois, des personnes dignes qui sauront ne pas faire cas de cette morbide invitation.
Wanted … 300 000 bénédictions sur la tête de ceux qui marchent debout.
L'état d’urgence met les femmes en danger! Incompréhensible
Tandis que la semaine de la femme Tchadienne
(SENAFET) se prépare vaile que vaille pour battre son plein au 8 mars, les femmes souffrent et dans la capitale où l'état d'urgence devrait les protéger mieux qu'ailleurs sur le
territoire.
Des hommes témoignent :« vendredi 15 février, près du camp militaire (après le rond point de Chagoua), des femmes ont été violées chez elles par des gens en uniformes et armés sous couvert de contrôle des domiciles : ils rechercheraient des objets pillés ou des armes. Celles là habitaient seules. Mais d’autres qui vivent en ménage sont violées aussi lorsque les hommes sont absents pour une course ou le travail. Certains bloquent le portail et les autres violent à tour de rôle. Plus que jamais les personnes sont en insécurité dans la ville."
"Lorsque les groupe de fouille arrivent on demande aux femmes de sortir, d'abandonner la concession aux fouilles parce que le matériel n'est rien. Comment faire lorsqu'on a la force en face... c'est de l'abus d'autorité, de pouvori et de la violence terrible."
"La veille a été décrété l’état d’urgence qui est sensé - maintenir l'ordre, garantir la sécurité et assurer le bon fonctionnement de l'Etat -. Et pourtant depuis, les femmes tremblent et nous les hommes sommes indignés de cette nouvelle menace mais nous organisons."
"Avec mes frères nous passons régulièrement dans les concesions de nos tantes qui sont veuves et dormons là à tour de rôle. Ce n'est pas normal dans notre pays ce qui arrive. C'est un comportement sauvage!"
Et moi, femme à 5000 km de ces violences, je suis remplie d’effroi à l’idée de ne plus bénéficier de la sécurité quotidienne qui me semble aller de soi, dans un pays ou je vie, travaille, investie et élèvent des enfants.
Néanmoins je garde en mémoire que des hommes s’indignent et réagissent aussitôt pour aider les femmes à se protéger. .. ceux là sont de vrais mecs… qui n’ont pas
besoin d’abuser pour exister.
Tchadiennes, souhaitons nous beaucoup d'hommes de bien, dignes et protecteurs, respectueux de leurs mères, soeurs et filles, compagnons lucides et engagés vers un avenir serein.
A N'Djaména, le conflit de février n’est pas terminé : la menace de
prochaines offensives n’est pas écartée. Le climat d’insécurité s’aggrave avec un couvre feu en fait tacite à 21H, des contrôles arbitraires, la filature des
automobilistes, les fouilles des domiciles parfois accompagnés de viol, de pillage sous couvert d’uniforme.
Et depuis bientôt 15 jours, on assiste en plus à la mise à terre des domiciles dans plusieurs quartiers à la fois avec des dizaines de bulldozers sortis d’on ne sait où, sur des terrains qui « appartiendraient à l’état ». C’est rapide et sans appel. On rase des maisons occupées et sous moins de 48h souvent.
En parallèle, des tranchées profondes sont creusées tout autour de la capitale, pour protéger qui et de quoi ? Les obus tomberaient dans les trous ? Va-t-on réglementer la libre circulation des personnes dans une capitale ?
Questions d'humanité:
Est-ce urgent de mettre les gens à la rue en ce moment ? Comment les N’Djaménois vont-ils survivre à tous ces chocs ? Pourquoi maintenant? Comment peut-on se reloger en 48h, avec de multiples enfants à charge (57% population à moins de 15 ans) Comment investir avec la précarité actuelle dans une autre construction ou même payer un loyer déjà manger est problématique?
Tout cet argent pour raser alors qu'on a besoin d'eau potable, d'aide alimentaire, de soins?
Les citadins ne dorment toujours pas d’un sommeil réparateur, inquiets d’une prochaine offensive, la peur au ventre de jour comme de nuit. La population est
en état de sidération face à cette capitale défigurée brutalement, face à l’amplitude des drames personnels orchestrés.
Pourquoi cette entreprise massive de déconstruction accélérée ? Logiquement une ville est organisée et reconstruite pour le bien-être des personnes avec une responsabilité des
élus envers les citoyens.
Qui réfléchit à tout cela, organise et en est responsable ? Pourquoi n’y a-t-il aucune communication officielle sur cette entreprise étonnante ? On rase et puis
ensuite ? Qui sera relogé et comment, sous quel délai? Quel est le plan de reconstruction ? Les élus n'imaginent-ils pas l'impact de ces travaux de déconstruction sur la population?
Nous qui sommes loin entendons les nôtres pourtant.
On abat les arbres, on rase les habitations et les commerces! Va-t-on mettre la capitale en jachère aussi? Organisés sereinement de grands travaux
renforcent une population, l'âme et l'attrait d'une ville. C'est dommage de déclencher l'inverse car l'âme des personnes ne se réparent parfois jamais.
Rédaction en duo : Kas Madjal et Naïleum de Paris
Ces témoignages ont été recueillis entre le 13 février et le 01 mars 2008.
Debra - enseignante : « Les hélico tournent encore mais ne tirent plus. C’est eux qui ont créé le plus de dégâts. On est surveillé en permanence au sol et en l’air ! Au dessus de la concession même (rires)»
Nat - entrepreneur: « Les enfants sont affolés par le danger qui vient des airs. Mon fils de 3 ans criait « papa il pleut " lorsque les balles sifflaient. Il a fallu quand même courir sous les balles pour avoir l’espoir d’échapper aux obus avec trois enfants à moi seul : ne pas tomber, ne pas tomber ! Mais où aller dans cette ville pour être à l’abri ? »
Jean - cadre administratif: « Toute personne est susceptible d’être abattue à chaque minute dans cette ville… et sans raison, parfois sans pouvoir être retrouvée par les siens. Les contrôles sont permanents, des véhicules aux vitres fumées vous filent subitement, les armes sont omniprésentes ».
« Notre force principale c’est le rire. Parfois les événements déclenchent une indignation, un choc dans les premières minutes mais ensuite on s’astreint à en rire et ça nous fait tenir.. mais combien de temps encore.? (rires)»
Mbaï - lycéen: « Le chemin de l’école est dangereux mais comment faire pour apprendre un métier? Nous sommes piégés comme des rats ! On fait la route en groupe en priant Dieu de nous accompagner. Nous devons avancer un pas après l’autre : nous sommes nés dans cette guerre civile et avec les nouvelles armes c’est pire. C'est ça... on tient encore.»
Nine - commerçante: « J’ai peur ... (silence) avec une diarrhée qui ne me quitte pas. On ferme la ville en creusant d’immenses trous. Pourquoi, pour qui ? »EN - ménagère : « Il faut aller au marché et c’est dangereux : l'ambiance ne tient pas! Est-ce qu'on va revenir vivant auprès des enfants que on a laissé à la maison? est-ce qu'ils seront vivants quand on revient ? A Dieu maintenant! (rires)»
DM - juriste : « C’est l’état d’urgence même qui met les gens et surtout les femmes en danger. Ce sont les hommes en uniforme qui agressent, pillent et violent, des mercenaires aussi. Ensuite il ya des rodeurs et des voleurs la nuit. Impossible de fermer l’œil : nous sommes en sursis avec des maux de tête terribles ! Encerclés par le danger, de vigie pour protéger nos famille : c’est comme ça qu’on vit»
Le blog Adjap !... est un carnet d’étonnement.
Revisitons ensemble des faits qui nous étonnent ... au Tchad ... car il y a souvent matière à intelligence.... et Portez vous bien.
Planète T. - comme Tchadanthropus - est un espace désenclavé, sans frontière ni visa; à l'écart des violents conflits qui animent le Tchad; un espace privilégié où la parole individuelle est libérée et où le dialogue retrouvera sa pleine résonance.
Planète T. est composé de blogs écrits par des Tchadanthropus peu importe l'endroit du globe où ils vivent car seule compte leur contribution en ligne.
Nous sommes tous contributeurs, que ce soit en tant que rédacteur direct, en témoignant par téléphone, par sms ou mail, en
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Un blog se gère seul ou à plusieurs. Pour ceux qui vivent en sécurité le rôle d'écrivain
public est à prendre: écrivez pour vos proches, pour que leur vécu nous
serve à tous.
Vous développez un blog, vous demandez votre rattachement à la communauté Planète T. et si votre contenu est respectueux d'autrui nous serons heureux de vous accueillir.
Ensemble nous sommes visibles et agissant.
Tous Tchadanthropus, tous contributeurs ... à une identité valorisante.
Grand Koudou revient de son travail dans l'insécurité ambiante de N'Djaména. Il y a des chars postés aux grands carrefours, des hommes armés qui contrôlent, fouillent pour trouver on ne sait quoi... et à son corps défendant il s'y est presque fait. Il est allé pendant 15 jours au travail sous les balles, et cela pourrait repartir comme un feu de brousse à tous instants, et des hommes sont tombés, alors...
Mais
aujourd'hui, quelque chose de plus embrouille son sang froid. Il me dit tendu: «On se contente d’abattre des arbres que des gens ont mis plus de cinquante ans à entretenir. C'est insensé! Dites
moi ce qu’un arbre peut valoir...»
Ma réponse est "Adjap!" et je m'interroge sur TOUT CE QU'UN ARBRE PEUT VALOIR...
Des arbres passés par les armes!
En passant Avenue Charles de Gaulle, j’ai vu que l’on condamne à mort des arbres plus que cinquantenaires et toujours ombrageux.
Ils auraient abrités des assaillants dans leurs branchages alors on fait tomber leurs têtes... logique! Et dans un pays où le soleil atteint 50° à l'ombre, non?
Ces arbres là en tous les cas ont été témoins de trop de confidences, d'événements et d'exactions. Il fallait les faire taire.
Les nombreux piétons de la capitale n'auront qu'à se mettre un bonzaï sur
le crâne : à chacun son arbre et pas de palabre!
PS: Merci à nos aïeuls… qui ont planté ces arbres à Fort Lamy et les ont arrosés pour nous abriter durant des décades. Et promis, déracinés encore et encore nous
trouverons toujours terre accueillante pour reverdir plus fort et plus haut.
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