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Vendredi 7 mars 2008
Je reprends en titre l’expression bouleversante de CAMAN et qui exprime vraiment ce que nous entendons ces jours-ci des nôtres piégés dans une série de mesures destructives: N'Djaména est une prison à ciel ouvert! Leur courage quotidien et leur amour du Tchad nous interdisent toute complaisance.

Ces témoignages ont été recueillis entre le 13 février et le 01 mars 2008.

Debra - enseignante : « Les hélico tournent encore mais ne tirent plus. C’est eux qui ont créé le plus de dégâts. On est surveillé en permanence au sol et en l’air ! Au dessus de la concession même (rires)»

Nat - entrepreneur: « Les enfants sont affolés par le danger qui vient des airs. Mon fils de 3 ans criait « papa il pleut "  lorsque les balles sifflaient. Il a fallu quand même courir sous les balles pour avoir l’espoir d’échapper aux obus avec trois enfants à moi seul : ne pas tomber,  ne pas tomber ! Mais où aller dans cette ville pour être à l’abri ? »

Jean - cadre administratif: « Toute personne est susceptible d’être abattue à chaque minute dans cette ville… et sans raison, parfois sans pouvoir être retrouvée par les siens. Les contrôles sont permanents, des véhicules aux vitres fumées vous filent subitement, les armes sont omniprésentes ».

« Notre force principale c’est le rire. Parfois les événements déclenchent une indignation, un choc dans les premières minutes mais ensuite on s’astreint à en rire et ça nous fait tenir.. mais combien de temps encore.? (rires)»

Mbaï - lycéen: « Le chemin de l’école est dangereux mais comment faire pour apprendre un métier? Nous sommes piégés comme des rats ! On fait la route en groupe en priant Dieu de nous accompagner. Nous devons avancer un pas après l’autre : nous sommes nés dans cette guerre civile et avec les nouvelles armes c’est pire. C'est ça... on tient encore.»

Nine - commerçante:  « J’ai peur ... (silence) avec une diarrhée qui ne me quitte pas. On ferme la ville en creusant d’immenses trous. Pourquoi, pour qui ? »
EN - ménagère : « Il faut aller au marché et c’est dangereux : l'ambiance ne tient pas! Est-ce qu'on va revenir vivant auprès des enfants que on a laissé à la maison? est-ce qu'ils seront vivants quand on revient ? A Dieu maintenant! (rires)»

DM - juriste : « C’est l’état d’urgence même qui met les gens et surtout les femmes en danger.  Ce sont les hommes en uniforme qui agressent, pillent et violent, des mercenaires aussi. Ensuite il ya des rodeurs et des voleurs la nuit. Impossible de fermer l’œil : nous sommes en sursis avec des maux de tête terribles ! Encerclés par le danger, de vigie pour protéger nos famille : c’est comme ça qu’on vit»

Par Naïleum - Publié dans : C ma capitale - Communauté : Tchadanthropus
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